Touadéra ouvre le Dialogue RCA – Union Européenne

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Touadéra ouvre le Dialogue RCA – Union Européenne 2

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
UNITÉ – DIGNITÉ – TRAVAIL

DISCOURS DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT

A L’OUVERTURE DU DIALOGUE DE PARTENARIAT ENTRE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE ET L’UNION EUROPEENNE.

(BANGUI, LE 29 OCTOBRE 2025)

  • Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
  • Mesdames et Messieurs les Ministres ;
  • Excellence Monsieur l’Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union Européenne en République Centrafricaine ;
  • Excellences Messieurs les Ambassadeurs des pays membres de l’Union Européenne, résidents et non-résidents en République Centrafricaine ;
  • Distinguées Personnalités ;
  • Mesdames et Messieurs ;
    Je vous souhaite la bienvenue à cette 6ème Session du « Dialogue de Partenariat », anciennement Dialogue Politique, entre la République Centrafricaine et l’Union Européenne, dont les travaux se tiennent ce jour, mercredi, 29 octobre 2025.
    Je voudrais à cet égard, exprimer d’abord mes hommages à la Délégation de l’Union Européenne, pour son implication effective et efficace dans l’organisation et la tenue de la présente rencontre.
    A travers vous, Monsieur l’Ambassadeur, je voudrais remercier aussi les Autorités de la Commission de l’Union Européenne, pour leur soutien multiforme et leur constante sollicitude envers mon pays.
    Je voudrais enfin saluer la présence à cette rencontre des Ambassadeurs de France, de Belgique, du Chef de Mission Adjoint auprès de l’Ambassade du Portugal, du Conseiller auprès de l’Ambassade des Pays-Bas, de la Conseillère auprès de l’Ambassade de l’Allemagne, du Général Commandant l’EUTM-RCA, de la Cheffe de la Mission de l’EUAM-RCA, du Chef du Bureau Humanitaire de l’Union Européenne à Bangui et du Responsable géographique pour la République Centrafricaine à la Commission Européenne.

Il ne fait aucun doute que votre présence est le témoignage éloquent de la grande considération que vos pays respectifs portent à l’endroit de la République Centrafricaine dans ses efforts pour la construction de la démocratie et de l’Etat de droit, la bonne gouvernance et la lutte contre la pauvreté.

La tenue de cette sixième Session traduit à la fois une tradition et surtout, la vitalité de la coopération et la force des liens qui unissent la République Centrafricaine à l’Union Européenne.

Ce sont bien ces volontés communes qui font le dialogue de partenariat, au titre de l’article 3 de l’Accord de Samoa, un dialogue qui se veut franc et ouvert, un dialogue destiné à renforcer la compréhension mutuelle et à développer les bases du partenariat, en fonction du choix des grands défis qui nous interpellent collectivement.

Il est important de disposer de ce canal de communication politique au plus haut niveau qui permet aux deux parties de discuter, d’une manière franche et constructive, de sujets essentiels comme l’Etat de droit, le respect des droits humains, les réformes structurelles et la gouvernance.

L’importance de ce dialogue de partenariat qui est un exercice de réflexion, d’échange et de partage de points de vue et d’idées sur le partenariat entre l’Union Européenne et la République Centrafricaine, n’est plus à démontrer, car il représente le baromètre d’une coopération qui se veut respectueuse, constructive et axée sur les défis du présent et les perspectives d’avenir.

Au cours de nos travaux de l’année dernière, nous avions discuté des questions variées telles que la situation sécuritaire et politique, le changement climatique, les droits de l’Homme ainsi que les questions économiques.

Plusieurs recommandations avaient été retenues, parmi lesquelles je peux rappeler la poursuite de la mise en œuvre des mécanismes de suivi de l’APPR et de la Feuille de route conjointe de Luanda, la préparation des élections locales, la circulation des missions humanitaires sur le territoire national, l’appui à la finalisation du Plan National de Développement, la levée de l’embargo sur les armes à destination et sur l’exportation du diamant, pour ne citer que celles-là.

Afin de nous permettre d’assurer un meilleur suivi de la mise en œuvre de ces importantes recommandations, j’instruis le Gouvernement à l’effet d’engager des discussions avec la délégation de l’Union Européenne pour la mise en place d’un cadre de suivi approprié des recommandations du dialogue de partenariat.

  • Distinguées Personnalités ;
  • Mesdames et Messieurs ;

Je me permets de rappeler que le Dialogue de Partenariat entre notre pays, la République Centrafricaine, et l’Union Européenne s’inscrit dans la volonté commune de promouvoir une coopération équilibrée, durable et orientée vers les priorités nationales, en lien avec les objectifs spécifiques dans le domaines prioritaires et stratégiques de l’Accord de Samoa.

Ces priorités nationales, faut-il le souligner, sont inscrites dans notre Plan National de Développement 2024-2028 qui a été présenté avec succès à la Table Ronde internationale des investisseurs, du 14 au 15 septembre dernier à Casablanca, au Royaume du Maroc.

Vous êtes sans ignorer qu’à l’issue de cette table ronde, plus de 18 Mémorandums d’entente ont été signés avec différents membres du Gouvernement de la République Centrafricaine, suivis des annonces de contributions financières à hauteur d’environ 9 milliards de dollars américains, soit 5 400 milliards de FCFA, dont un engagement de l’Union Européenne d’une enveloppe de 300 millions de dollars américains pour la mise en œuvre de quelques projets structurants.

C’est ici le lieu de réitérer toute notre satisfaction et notre profonde gratitude à l’endroit de tous les pays membres de l’Union Européenne pour l’intérêt accordé à la bonne exécution de notre ambitieux Plan National de Développement.

En ce qui concerne l’agenda de notre dialogue de partenariat de ce jour, il concerne les thématiques ci-après :

1) – Situation politique et sécuritaire ;
2) – Questions régionales et multilatérales ;
3) – Gouvernance économique, développement durable et
4) – Coopération Union Européenne – RCA.

  • Distinguées personnalités ;
  • Mesdames et Messieurs ;

Le contexte politique actuel de notre pays reste dominé par l’organisation des élections groupées du 28 décembre prochain.

C’est à cause du retard observé dans la révision du fichier électoral que j’ai pris la décision de coupler la présidentielle, les législatives et les locales, après concertation du Gouvernement avec l’ensemble des partenaires du pays et des acteurs impliqués.

Pour ce faire, j’ai demandé que certaines dispositions du Code électoral et de la loi organique de l’ANE soient modifiées en vue de rendre possible la poursuite du processus électoral.

Vous conviendrez avec moi que nous devons mobiliser toute notre énergie en faveur de la réussite du processus en cours, afin de préserver un environnement politique et institutionnel stable, dans un contexte sous-régional en proie aux conflits armés.

Il y a lieu de relever quelques défis à surmonter, notamment la couverture du gap financier au niveau du basket-fund.

Par ailleurs, fidèle à ma politique de « main tendue », j’ai instruit le Premier Ministre, Chef du Gouvernement d’amorcer un dialogue politique avec l’opposition démocratique du BRDC.

Je demeure disposé à poursuivre ces échanges constructifs, tout en prônant l’inclusivité dans le processus électoral en cours.

Concernant le processus global de paix, la poursuite de la mise en œuvre de l’APPR-RCA et de la Feuille de route conjointe de Luanda a permis de réaliser des progrès encourageants.

Il s’agit, entre autres, de la signature de l’Accord de N’Djamena qui marque le retour de deux grands groupes armés, notamment l’UPC et les 3R dans l’APPR, de l’auto-dissolution de 11 groupes armés sur les 14 et de la poursuite satisfaisante du programme DDRR.

Au niveau de la situation sécuritaire, les actions conjointes menées par le Gouvernement et les partenaires, dans la dynamique de la poursuite de Réforme du Secteur de Sécurité, ont contribué de manière conséquente à la restauration de la paix, à la protection des populations civiles et au renforcement de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire centrafricain.

Je tiens ici, tout particulièrement à saluer et témoigner notre gratitude à tous nos partenaires qui interviennent dans le domaine de la sécurité, notamment les efforts déployés par la MINUSCA en vue de la sécurisation du territoire, la protection des civils, la restauration et l’extension de l’autorité de l’Etat, l’appui à la circulation des biens et des personnes, la promotion de la mise en œuvre de l’APPR et l’appui aux élections.

Malheureusement, l’annonce par les Etats Unis d’Amérique de la réduction de leur contribution risque de limiter considérablement les possibilités de cette mission onusienne et de remettre en cause les acquis et progrès réalisés.

C’est pourquoi, j’invite l’ensemble des partenaires du pays, y compris l’Union Européenne, à engager des réflexions concertées en vue de trouver des solutions palliatives.

Je saisis également cette occasion pour lancer un vibrant appel à l’Union Européenne d’envisager la possibilité de modifier le mandat de l’EUAM, en l’élargissant aux différents appuis multiformes en faveur de nos Forces de Sécurité Intérieure et d’appuyer le pays à la réouverture de l’Ecole Nationale des Sous-Officiers et à la réhabilitation des infrastructures de l’Ecole de Formation des Officiers Centrafricains (EFOC).

Sur le registre des Droits humains, des avancées notables ont été enregistrées grâce à la mise en œuvre de la Politique Nationale des Droits de l’Homme. Ces progrès ont été consignés dans des rapports dédiés et transmis aux organes compétents des Nations Unies en la matière.

Quant à la situation humanitaire, la République Centrafricaine compte environ 2,4 millions de personnes ayant besoin d’une prise en charge, parmi lesquelles 51.900 réfugiés et demandeurs d’asile.

Il convient de souligner que le Gouvernement éprouve d’énormes difficultés à mobiliser l’enveloppe de 326,1 millions de dollars américains en vue d’apporter des réponses appropriées à la situation humanitaire.

À ces défis financiers, il est nécessaire d’ajouter ceux liés aux conséquences de la transhumance et de la guerre au Soudan, aux difficultés d’accès aux infrastructures et à la faible coordination.

Au plan de la coopération bilatérale avec l’Union Européenne, elle s’est articulée, au cours des récentes années, autour d’une approche intégrée axée sur les principales priorités du contexte, à savoir : la paix, la réforme des secteurs de la sécurité et de la justice, la bonne gouvernance, le développement durable, l’organisation des élections, l’éducation, la santé, l’agriculture et les infrastructures, pour ne citer que celles-ci.

Agissante et constante, cette coopération s’est à nouveau renforcée lors de la Table ronde des bailleurs de fonds pour le financement du PND, qui s’est tenue récemment à Casablanca au Maroc.

Toutefois, notre pays compte intensifier cette coopération par :

  • la mise en place d’un dispositif de suivi conjoint pour la mobilisation effective des ressources financières annoncées par les pays membres de l’Union Européenne lors de la Table ronde ;
  • la mutualisation des efforts et moyens avec d’autres partenaires en vue de l’organisation des forums d’investisseurs pour la mobilisation des financements à rechercher.
  • Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ;
  • Distinguées personnalités ;
  • Mesdames et Messieurs ;

Abordant les questions sous-régionales, je puis affirmer que plusieurs avancées majeures ont été enregistrées au cours de ma mandature en tant que Président de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC.

Il s’agit notamment de la bonne gestion de la crise gabonaise sanctionnée par l’organisation réussie des élections dans ce pays, ainsi que du suivi personnel et rapproché de plusieurs réformes parmi lesquelles :

  • la redynamisation très significative du processus d’harmonisation des politiques communes et sectorielles ;
  • la modernisation du système bancaire sous-régional ;
  • la relocalisation à Bangui de la Commission, de l’Ecole Inter-Etats des Douanes et de la Carte Rose, après une délocalisation de plus de dix ans en République de Guinée Equatoriale ;
  • l’accélération du processus d’interconnexion des infrastructures de transport, d’interconnexion électrique, d’énergie et de télécommunications boostée par l’organisation les 28 et 29 novembre 2023 à Paris, d’une Table ronde que j’ai présidée au cours de laquelle notre zone a pu mobiliser 9,2 milliards d’Euros, pour un objectif initial de 8,8 milliards d’euros ;
  • la poursuite du processus de fusion et de rationalisation des deux Communautés Economiques Régionales, CEMAC-CEEAC en une seule et unique Communauté Economique Régionale (CER).

Dans le même temps, l’organisation du 16ème Sommet ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC, le 10 septembre 2025 à Bangui, dont la réussite a été saluée par mes pairs et l’organisation réussie du Caucus africain ont permis de mettre en lumière sur la fréquentabilité de notre pays.

Enfin, s’agissant de la gouvernance économique et du développement durable, je puis vous affirmer que la République Centrafricaine progresse sensiblement dans sa transition verte par l’élaboration de plans nationaux de développement intégrant le climat, le renforcement de l’accès au financement climatique et la promotion des énergies renouvelables.

En effet, le pays se concentre sur des solutions basées sur la nature et la protection de la biodiversité, bien que les progrès dépendent de la mobilisation des financements et du renforcement des capacités.

C’est pourquoi, le concours de l’Union Européenne, partenaire traditionnel et stratégique de la République Centrafricaine est sollicité pour le respect de ses engagements, notamment grâce à :

  • l’opérationnalisation du Fonds National pour le Changement Climatique (FONACAR) et de l’Agence Nationale de Gestion des Aires Protégées (ANGAP) ;
  • la mise en œuvre de la Stratégie nationale de modernisation agricole.

En définitive, la transition verte et la gestion durable des ressources naturelles, par leur complexité et leur transversalité nécessitent la mise en place de synergies intersectorielles et de mécanismes cohérents et efficaces de gouvernance élargis aux partenaires.

Ainsi, je réaffirme l’alignement de la République Centrafricaine sur la finance verte, les priorités du Green Deal européen et l’initiative Global Gateway.

Concernant cette dernière initiative, il est utile de rappeler que la deuxième édition du Global Gateway Forum, a eu lieu récemment, les 9 et 10 octobre 2025 à Bruxelles, en Belgique.

Ce forum, organisé par l’Union Européenne, visait à renforcer les partenariats économiques et durables entre l’Europe et les pays en développement, notamment à travers des projets d’infrastructures, d’énergie et de transition verte.

Nous savons que l’initiative européenne Global Gateway prévoit la mobilisation de 300 milliards d’Euros d’ici 2027, dont 150 milliards dédiés à l’Afrique, pour financer des projets durables dans les secteurs du numérique, de l’énergie, des transports, de la santé, de l’éducation et de la recherche.

L’Union Européenne avait réaffirmé cette disponibilité financière lors du Rebranding Africa Forum tenu à Bruxelles du 17 au 19 octobre 2024.

Nous souhaitons positionner la République Centrafricaine comme une destination stratégique pour les investissements étrangers, en nous appuyant sur le potentiel agricole du pays, ses vastes ressources naturelles et sa position géographique au cœur de l’Afrique.

  • Distinguées Personnalités ;
  • Mesdames, Messieurs ;

Nos assises de ce jour n’ont pas pour vocation de déboucher immédiatement sur des solutions relatives aux différentes thématiques abordées mais de procéder plutôt à des échanges d’informations, dans un esprit de partenariat, afin de parvenir à une meilleure compréhension mutuelle et à faciliter la définition des priorités et principes communs d’action.

Ainsi, à travers nos échanges que j’espère fructueux, nous réussirons à examiner, avec franchise et sincérité, ces questions sensibles pour renforcer davantage la coopération, déjà excellente, entre la République Centrafricaine et l’Union Européenne.

Fidèle à ses idéaux de promotion de la paix et de la démocratie, de respect des droits de l’Homme et de la bonne gouvernance, mon Gouvernement vous réitère sa disponibilité et vous encourage à ne ménager aucun effort pour raffermir nos liens, en vue de refléter les aspirations légitimes que nos peuples respectifs placent dans ce partenariat.

C’est sur ces mots que je déclare ouverte la première édition de nos échanges de ce jour dans le cadre du « Dialogue de partenariat » entre la République Centrafricaine et l’Union Européenne.
Vive la coopération multilatérale et bilatérale !
Vive le partenariat entre la République Centrafricaine et l’Union Européenne !

Je vous remercie.

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